S’encanailler à Paris (les bons coins du Marquis de Saint Mauricul)
Boîtes de nuit échangistes ayant pignon sur rue, clubs privés dissimulés derrière les façades luxueuses du 8e arrondissement, ou bordels enveloppés par les brouillards vaporeux des hammams, nous avons tous nos lieux de prédilection où se confondent le stupre et la luxure.
Amateurs ou fins connaisseurs des soirées libertines parisiennes, laissez-moi vous faire découvrir les mystérieuses soirées sado-masochistes d’un nouveau théâtre de débauches qui a ouvert ses portes mardi soir dans notre chère capitale : « Le Sado-Morano ».
Cet univers gothique est tenu par Maîtresse Nadine, une blonde décolorée qui vous accueille dans une combinaison de latex noire qui la boudine un peu. Affable, elle vous propose des pratiques classiques et variées qui vont du bondage, aux fessées, aux jeux de pinces, à l'humiliation, jusqu’au fouet et au martinet. Pour ceux qui aiment les sensations plus fortes, Maîtresse Nadine a aménagé dans les caves de son établissement plusieurs salles pour pratiquer la scarification, la scatologie, le marquage au fer rouge et l'infibulation.
Rien de neuf en apparence ? Détrompez-vous ! Maîtresse Nadine a une spécialité hard et extrême : la politique. Pis qu’un coup de santiag dans le rectum, pis qu’un prime de la Star Academy, pis que les pensées politico-philosophiques de Steevy Boulay et d’Eve Angeli réunies, pis qu’une interview de Marc-Olivier Fogiel, elle réserve ce supplice à quelques privilégiés
Vêtue d’un tailleur rose en acrylique, Maîtresse Nadine monte à la tribune en faisant claquer ses talons contre le parquet de l’estrade. Elle regarde l’assistance d’un regard méprisant puis commence un long discours populiste et grossier qu’elle module de sa voix stridente. Un couple sort de la salle en hurlant « Faites la taire, par pitié ! », une femme fait un malaise, un homme déchire sa carte de l’UMP. Difficile de tenir plus de dix minutes.
Le martyr que Maîtresse Nadine m’a infligé ce soir-là en parlant politique restera marqué à jamais dans mon âme et dans ma chaire de marquis.

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